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La Cour suprême d’Ouzbékistan maintient en vigueur la condamnation de Mourad Djouraev

Murad.Juraev site
Le prisonnier politique Mourad Djouraev a épuisé toutes les voies de recours internes pour contester sa dernière condamnation, prononcée le 4 décembre 2012. 
Mourad Djouraev est né en 1952 à Moubarak, dans la région de Kachkadarie en Ouzbékistan, et est d’origine ethnique turkmène. Il est marié et a trois enfants. Il est diplômé de l’institut polytechnique de Tachkent. En 1991-1992, il a dirigé le comité exécutif du conseil de la ville de Moubarak, et a été élu au Parlement d’Ouzbékistan. 
Il a été accusé avec le chef du parti politique d’opposition “Erk”, Mouhammad Salikh, d’association de malfaiteurs. Selon la version officielle, Messieurs Salikh et Djouraïev auraient voulu organisé un coup d’État.
Mourad Djouraev est incarcéré depuis le 18 septembre 1994. 
Un nouveau tribunal a jugé M. Djouraev, le 4 décembre 2012, dans la ville d’Almalyk dans la région de Tachkent. Il a été condamné à trois ans et 24 jours de prison sur la base de l’article 221, deuxième partie, paragraphe b du Code pénal d’Ouzbékistan pour “refus d’obtempérer aux exigences légales de l’administration pénitentiaires”. C’est la quatrième fois qu’il est reconnu coupable d’avoir violé cet article, et la cinquième fois qu’il est condamné depuis son premier procès. Si M. Djouraev est incarcéré depuis plus de 21 ans, la peine maximale en Ouzbékistan est limitée à 25 ans d’emprisonnement. Pour plus d’informations, lire le communiqué de presse “Ouzbékistan : Mourad Djouraev condamné à une nouvelle peine de prison de trois ans et 24 jours”, publié le 16 décembre 2012. 
  • La réponse de la Cour suprême concernant le cas de Mourad Djouraev 
«Votre plainte exprimant votre désaccord avec les décisions judiciaires rendues par la Cour suprême dans le cas de M. Djouraev a été étudiée. 
Par le verdict prononcé par le tribunal pénal de la ville d’Amalyk, le 4 décembre 2012, et maintenu sans modification sur décision de la Cour d’appel de la région de Tachkent rendue le 3 janvier 2013, M. Djouraev a été condamné sur la base de l’article 221, paragraphe b de la deuxième partie du Code pénal de l’Ouzbékistan, et suivant les dispositions décrites par l’article 60 du Code pénal, à trois ans et 24 jours d’emprisonnement. 
Dans cette plainte sont présentés des arguments quant à l’illégalité de la condamnation de M. Djouraev qui soulèvent la question de l’annulation du verdict et du classement de cette affaire criminelle accompagné de la réhabilitation de M.Djouraev.  
Dans l’acte d’inculpation, la culpabilité de M. Djouraïev a été démontrée par les dépositions des témoins C. Djouraev, A. Oumarov, N. Abdourakhmanov, et N. Roustamov, des documents concernant des punitions disciplinaires ainsi que d’autres preuves rassemblées lors de l’affaire.  
La Cour que les actions de M. Djouraev ont été correctement qualifiés et la peine a été prononcée de manière proportionnelle au crime commis.
Les raisons d’une modification ou d’une annulation des décisions judiciaires ne sont pas établies.
Le vice-Président R. Obidov».
*   *   *
Mourad Djouraev, âgé aujourd’hui de 63 ans, est privé de liberté sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces. Toutes ses condamnations ont été décidées d’avance et ne s’appuient que sur l’accusation. Durant ces dernières années, M. Djouraev a particulièrement ressenti qu’il s’épuisait physiquement et qu’il était constamment humilié dans sa dignité humaine. Lors de l’enquête menée en 1994-1995, il a été victime de tortures, et est depuis privé d’accès à des soins médicaux. Durant les vingt dernières années, pas un acte d’humanisme n’a permis une quelconque amélioration de sa situation. En décembre 2015, la dernière peine  d’emprisonnement de Mourad Djouraev arrivera à son terme, mais personne ne peut pour le moment nommer la possibilité de sa libération.
L’Association Droits de l’Homme en Asie Centrale - AHRCA exhorte toutes les parties concernées, les gouvernements des pays démocratiques, les organisations de défense des droits de l’homme et les médias d’information à attirer l’attention sur le cas de Mourad Djouraev et à appeler le gouvernement de la République d’Ouzbékistan à le remettre en libérté. 
Pour plus d’informations, lire nos précédents communiqués de presse sur Mourad Djouraev:
— la pétition  “A l’occasion du 65ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, signez la pétition en faveur de la libération du prisonnier politique Mourad Djouraïev” ( en russe et en anglais), publiée le 09.12.2013;
— le communiqué de presse “Ouzbékistan : une bande rouge sur le dossier judiciaire du prisonnier politique Mourad Djouraev” (en russe et en anglais), publié le 29.04.2013; 
— le communiqué de presse “Ouzbékistan : l’appel de la condamnation de M.Djouraev rejeté”, (en russe et en anglais), publié le 05.01.2013;           
— le communiqué de presse “Ouzbékistan : Mourad Djouraev a nouveau condamné à une nouvelle peine d’emprisonnement de trois ans et 24 jours” (en russe et en anglais), publié le 16.12.2012; 
— le communiqué de presse “Ouzbékistan: Libérez les prisonniers politiques le jour de la Constitution. Utilisez cette commémoration pour conduire de réelles réformes” (en russe et en anglais), publié le 07.12.2012;  
— le communiqué de presse “Ouzbékistan : le prisonnier politique Mourad Djouraev, gravement malade, à nouveau placé en cellule d’isolement” (en russe et en anglais), publié le 14.10.2012; 
— le communiqué de presse “Impossibilité depuis quatre mois de connaître le lieu où se trouve le prisonnier politique Mourad Djouraev” (en russe et en anglais), publié le 17.09.2009.