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Kirghizstan : une mère et son nourrisson placés en détention préventive

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Depuis le 29 avril 2015, une mère est maintenue en détention provisoire avec son nourrisson de cinq mois.
 
Nazgoul Akhmatilieva a été incarcérée dans le centre de détention provisoire n°5 de la ville de Och (Sud du Kirghizstan, vallée du Ferghana) avec son nourrisson. Née le 9 novembre 1988, elle est mariée et a deux enfants. 
 
Nazgoul Akhmatilieva est accusée de fraude sur la base de l’article 166 du Code pénal de la République d’Ouzbékistan. Elle n’avait jamais été poursuivie en justice auparavant. Après avoir fini ses études secondaires, elle a été engagée comme ouvrière par l’entreprise suisso-kirghize “Oriflame-Kirghizstan”. Sur les instances de son directeur, elle a rédigé un récépissé déclarant qu’elle aurait reçu sept mille dollars US. Elle a été persuadée après de longues discussions que ce récépissé ne lui conférait aucune responsabilité. Peu de temps après, Nazgoul Akhmatilieva est tombée enceinte, puis est partie en congé de maternité. A aucun moment, elle n’a reçu la moindre compensation financière ou matérielle pour ce récépissé, et n’a jamais été matériellement responsable. Deux femmes, qui ont  déjà été jugées, avaient écrit le récépissé à sa place, et l’avaient convaincue en la dupant de signer le document. Nazgoul Akhmatilieva a donc signé le récépissé sans comprendre clairement son contenu.  
 
Elle a été convoquée pour la première fois, le 14 avril 2015. Le lendemain soir, après le second interrogatoire, elle s’est trouvée très mal et ses proches ont été contraints d’appeler les urgences. Les médecins ont diagnostiqué un état de santé critique. Une telle détérioration  aurait été provoquée par les interrogatoires auxquels elle a été soumis. Une expertise médico-légale a ensuite été décidée, et selon ses résultats, Nazgoul Akhmatilieva se trouvait dans un état de psychose suite à un choc nerveux. Le rythme de sa parole était alors hâché, et après son arrestation, elle a complètement arrêté de parler. Sa mise en examen a été un choc encore plus grand. 
 
Le 29 avril 2015, Nazgoul Akhmatilieva a été placée en détention provisoire pour une durée de 18 jours sur décision du tribunal de la ville de Och.  Dans un très mauvais état de santé, Nazgoul Akhmatilieva se trouve incarcérée avec son nourrisson qu’elle continue à nourrir. Alors que ce dernier souffre de la rougeole et qu’il est très affaibli, les médecins ne recommandent pas de séparer l’enfant de sa mère. Cependant, dans de telles conditions, il est également très fortement exposé à la tuberculose. 
 
Depuis son inculpation, Nazgoul Akhmatilieva a été defendue par des avocats commis d’office. Selon les informations que notre organisation a reçues jusqu’à présent, l’enquête criminelle menée dans le cadre de l’affaire de Nazgoul Akhmatilieva a été marquée par de nombreux vices de procédures, et a porté un grave préjudice à la santé de l’accusée et à celle de son enfant. 
 
L’Association des Droits de l’homme en Asie centrale - AHRCA appelle le gouvernement de la République du Khirghizstan à remplir les obligations définies par les accords internationaux sur les droits de l’homme qu’elle a ratifiés. Nous demandons à ce que la législation nationale et les principes de droit et d’impartialité soient respectés dans le cadre de l’enquête criminelle menée dans le cadre de l’affaire de Nazgoul Akhmatilieva, citoyenne du Kirghizstan.
 
Nous adressons également notre communiqué :
- au Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture
- au Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe
- au Représentant spécial de l’Union européenne pour l’Asie centrale
- au Directeur de la sous-commission aux droits de l’homme du Parlement européen
- au Ministre des Affaires étrangères de la République du Kirghizstan
- au Procureur général de la République du Kirghizstan